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NOTIONS D'ARMEMENT

Jean-Jacques DORRZAPF

 

Sommaire :

Introduction - Historique
Les armes : différences et similitudes
Les armes : modes de fonctionnement
Les munitions

En voir un peu plus :

-> Projectiles de petits calibres et hautes vitesses - La science et les mythes

-> Comportement dynamique des projectiles ordinaires des AK 47 et AK 74(comparatif avec la .308 et la 5,56)


 

 

I - INTRODUCTION - HISTORIQUE

 

On ne peut débuter une présentation, même sommaire, d'armement sans faire une brève allusion au passé tant il est vrai que les techniques actuelles ne sont que le fruit des réalisations antérieures.

Les premières armes à feu apparurent au début du XIVème siècle et semblent avoir été des canons utilisés pour la première fois en France, comme on l'a vu dans les pages "balistique, par les Anglais à la bataille de Crécy (1346).
C'étaient de gros tubes, souvent en bronze, ouverts à un seul bout, que l'on chargeait par la gueule. A l'autre extrémité un petit orifice (lumière) était percé, par lequel on communiquait le feu à la poudre en utilisant un fer rougi ou un charbon incandescent.

Ce fut vraisemblablement la mèche à combustion lente qui, utilisée comme moyen de mise à feu, permit la création d'armes plus légères, servies par un seul tireur dont les mains libres lui permettaient de viser.
Une des extrémités de la mèche était fixée à un bras, qui prit rapidement la forme du " S " (serpentin). La rotation de ce dernier amenait l'extrémité incandescente au contact du bassinet contenant la poudre.

Toute la recherche armurière s'est axée sur l'accroissement de la précision des armes, de la fiabilité de la mise à feu et de la cadence de tir.

A l'origine, les armes étaient chargées par la bouche. Outre que ce procédé était lent, il impliquait d'utiliser des projectiles d'un diamètre légèrement inférieur à celui du canon. Bien que des procédés ingénieux, permettant aux projectiles d'avoir un diamètre qui augmentait sous la poussée de la poudre, fussent inventés, la précision des armes était médiocre.

 

Les évolutions

  - Les rayures

Les premiers canons rayés firent leur apparition vers 1476 (rayures hélicoïdales) et 1498 (rayures rectilignes).

 

- Chargement des armes légères par la culasse

A la même époque, on commence à voir des armes se chargeant par la culasse. Cependant, l'étui n'existant pas encore, le fonctionnement est hasardeux. Puis sont créées des armes à chambres amovibles devant être pré chargées.

 

- Les systèmes de mise à feu (Rouet, platine à silex)

Le rouet apparaît à Nürenberg vers 1517. En frottant contre un silex, une roue crée une gerbe d'étincelle qui enflamme la poudre.
Un peu plus tard (vers 1610), la platine à silex dérivée de modèles antérieurs (platine à chenapan et à miquelet) fait son apparition. Le chien, sur lequel est fixé un morceau de silex, dans son action, fait pivoter le " couvre bassinet " appelé alors percuteur et enflamme la poudre par la même occasion.


Tromblon anglais à silex datant du 18ème siècle.


Les armes à percussion

Elles font leur apparition au début du XIXème siècle. Le choc du marteau sur du fulminate de mercure placé à l'orifice de la lumière provoque l'inflammation de la poudre (Révérend Fortsyth - 1793). Vient alors l'idée d'enfermer le fulminate de mercure dans une capsule, ancêtre de l'amorce moderne.
Le chargement par la culasse ayant fait de gros progrès, les premières cartouches dans lesquelles est logée l'amorce, initiée par la percussion sur une aiguille, font leur apparition (Pauly - 1808).
Cette idée est perfectionnée par Dreyse en 1838 qui invente le premier fusil à aiguille dont la culasse se verrouille par rotation. La cartouche est faite d'un emballage de carton pâte contenant la balle portant son amorce à l'arrière et la charge de poudre. L'aiguille du fusil perfore l'arrière de la cartouche, traverse la poudre et vient percuter l'amorce. Cette arme présente de nombreux problèmes (étanchéité de la culasse puisque la cartouche est entièrement combustible, corrosion et rupture du percuteur) qui masquent quelque peu, au début, l'intérêt d'un tel principe. Mais l'idée est lancée et elle va faire son chemin.

 

Les armes à répétitions

Elles apparaissent dès le début du XVIème siècle. Sont des armes à revolver ou des armes multitubes. L'absence de système de mise à feu fiable bloque, pour un temps, leur essor.

Après ce survol rapide du passé*, nos allons entrer dans le domaine des armes récentes qui ne sont, rappelons-le encore une fois, qu'une évolution des systèmes que nous venons de voir.

* Les lecteurs intéressés pourront trouver de nombreux excellents ouvrages, richement illustrés, sur les armes anciennes.

 

Le domaine de l'armement englobe les armes et les munitions qui sont nombreuses et variées. C'est un sujet complexe. D'autant plus que les nomenclatures et appellations ne procèdent pas toujours d'une démarche logique.
Nous ne disons pas cela pour décourager le novice, mais pour l'avertir que ce n'est pas en quelques lignes que l'on fera le tour du domaine. Par contre nous pourrons lui donner quelques repères qui lui permettrons d'aborder des ouvrages plus spcialisés ou des enseignements et formations propres à l'armement et à la balistique.

II - LES ARMES

 

Malgré leurs différences apparentes, toutes les armes possèdent des points communs

On trouve sur pratiquement (ici comme ailleurs, il existe toujours des exceptions à la règle) toutes les armes les éléments suivants :

- Un tube: toutes les armes possèdent un tube ouvert à une extrémité appelé canon. Il sert de guide au projectile et permet à la poussée des gaz de s'appliquer correctement sur ce dernier.
- Une chambre : à l'opposé de la partie ouverte du tube. C'est la partie la plus épaisse du canon car c'est là que va s'exercer la plus forte pression des gaz. Elle doit être étanche soit en elle même, soit en synergie avec d'autres éléments de l'arme ou de la munition.
- Une culasse mobile: qui obture la partie arrière de la chambre lors du tir et permet le rechargement par son ouverture. Sur les revolvers, il n'existe pas de culasse mais un rempart.
- Une poignée: c'est par cette partie qu'on a tient. Sur certaines armes, on peut en trouver deux. On pourra ainsi la tenir à deux mains.
- Une queue de détente: c'est la partie externe du mécanisme de détente. C'est sur cette pièce que va s'exercer l'action de l'index dans le but de provoquer le départ du coup.
- Des appareils de visée: comme leur nom l'indique, ils permettent de prendre la visée dans le but d'envoyer le projectile où on aimerait qu'il aille.

On vient de décrire les parties principales communes aux armes de puissance modérée quelles soient monocoups, à répétition manuelle, semi-automatiques ou automatiques. On peut les tenir à une main voire à deux mains lors des tirs. On les dénomme justement : armes de poing.

 

Pistolet automatique
Revolver
Berreta_01 Revolver_01


1 : canon - 2 : culasse mobile - 3 : poignée - 4 : queue de détente - 5 : appareils de visée (guidon à l'avant et cran de mire à l'arrière) - 6 : chargeur - 7 : marteau et chien - 8 : barillet - 9 : rempart

 

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Sur les armes plus puissantes on trouvera :

- Une crosse : qui prendra appui au défaut de l'épaule afin d'absorber l'impulsion du recul. On appelle ces armes des carabines ou des fusils. Les carabines étant classiquement plus légères et moins puissantes que les fusils.

 

Images_Fusil Fusil équipé d'une lunette de tir

Fusil d'assaut M 16.
Calibre .223 Rem. (5,56 mm)
Images_M16

 

Les armes (la plupart actuellement) à répétition manuelle ou automatiques, seront équipées de :

- un magasin ou chargeur: fixé à demeure sur l'arme (barillet, magasin vertical ou tubulaire) ou amovible (chargeur). Ils permettent d'accroître la cadence de tir de l'arme en tirant plusieurs coups sans la recharger.

 

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Entre les armes de poing et les armes d'épaule (fusils, carabines) on trouve des pistolets mitrailleurs et des versions compactes

Retour vers le passé

Images_Thompson P.M. Thompson.
Calibre 45 ACP (11,43 mm)

P.M. MP 40.
Calibre 9 mm Parabellum.
Images_MP_40

 

Les " compacts " modernes

Images_HK_01
Heckler & Koch
Calibre .223 Rem. (5,56 mm)

FN Herstal. P 90
Calibre 5,7 x 28 mm
Images_P90_01

 

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III - MODE DE FONCTIONNEMENT DES ARMES - Armes à répétition manuelle. Armes automatiques

Les premières armes étaient des armes à un coup. Elles n'étaient capables que de tirer un seul coup entre chaque rechargement.
Un des facteurs de l'efficacité d'une arme est sa cadence de tir. On a tôt fait d'adjoindre des magasins et chargeurs afin de pouvoir tirer plus de coup entre chaque rechargement.
L'alimentation de l'arme, qui nécessite une force motrice, était assurée par le tireur qui usait, en l'occurrence, de sa force musculaire (action de la main sur la culasse, du doigt sur la queue de détente, etc.). Ce type d'armes sont à répétition manuelle.
Toujours dans le but d'accroître la cadence de tir, on a inventé des mécanismes d'alimentation utilisant une partie de l'énergie des gaz comme moyen moteur. Ce sont les armes automatiques (tirant par rafales) ou semi automatiques (tirant au coup par coup).

Pour qu'une arme automatique ou semi automatique fonctionne correctement, il faut, en particulier, respecter un certain " timing " entre le départ du projectile et le début du cycle d'alimentation : déverrouillage et/ ou ouverture de la culasse. Selon le type d'arme, notamment la puissance, on utilise la force motrice des gaz différemment. il existe deux modes principaux :

- L'action directe des gaz : la veine gazeuse présente dans le canon agit directement sur la culasse, par l'intermédiaire de l'étui. Sur les armes de poing de faible puissance (22 LR, 6,35 mm, 7,65 mm) la culasse recule sous cette force et le cycle d'alimentation débute. Sur les armes de poing plus puissantes, l'ensemble canon-culasse (plus massif) recule sur une faible distance et plus lentement afin de laisser le temps au projectile de quitter le canon.

- L'action indirecte des gaz : ce principe appelé " à emprunt de gaz " est utilisé sur les armes puissantes (fusils, carabines). La veine gazeuse n'agit pas directement sur la culasse. Une partie des gaz est prise en un point du canon, par l'intermédiaire d'un trou évent, après que le projectile l'a dépassé. les gaz sont dirigés à travers un tube adducteur et viennent agir généralement sur une pièce de manoeuvre qui déverrouillera et actionnera à son tour la culasse.

IV - LES MUNITIONS

 

Il existe un nombre impressionnant de munitions. Leur appellation ne suit bien souvent aucune logique. Des munitions identiques peuvent porter des noms différents. Le calibre réel est parfois relativement éloigné de celui de l'appellation commerciale. Aussi nous bornerons-nous, ici encore, à parcourir les grandes lignes et à définir les points communs des munitions modernes.

 

LA CARTOUCHE ET SES ELEMENTS

Les divers éléments ayant pour fonction de propulser le projectile sont encartouchés. Une cartouche moderne, indépendamment de son calibre, se présente selon le schéma ci-dessous :

 

Image_Cartouche_01 Image_Cartouche_02

1 : ogive - 2 : étui - 3 : poudre - 4 : amorce

 

La cartouche présentée ci-dessus est une cartouche de fusil. La forme de son ogive (le projectile) et de son étui, de même que leurs dimensions, varieront selon l'arme à laquelle elle est destinée. Cependant, on retrouvera toujours les mêmes constituants de base.

Le projectile classique est formé d'un noyau en plomb enfermé dans un chemisage en laiton (balle full metal jacketted). Si l'on souhaite augmenter les performances de pénétration du projectile, on peut placer, en son centre un insert en acier (hard core). D'autres types de projectiles perforants existent, bien sûr.

Si l'on souhaite, au contraire que le projectile s'arrête plus rapidement dans la cible, on cherchera à le faire s'expanser. A cette fin, on gardera toujours une grande partie du chemisage en laiton afin d'avoir une bonne prise de rayures dans le canon, mais on coupera l'extrémité de façon à laisser le plomb nu (balle " soft point "). Ce dernier, matériau relativement mou, se déformera facilement. afin de faciliter cette expansion, on pourra, en plus creuser une cavité à son extrémité (balle " hollow point " ou " soft hollow point ").

On trouve, ci-dessous, quelques variantes de cartouches et d'ogives.

 

Image_Cartouche_06

 

Il s'agit de czartouches destinées à être tirées dans des revolvers (bourrelet au bas de l'étui), le  "Desert Eagle" étant le seul pistolet automatique à être vendu dans une version capable de tirer ces munitions. Ce sont toutes des cartouches de .357 Magnum sauf la deuxième en partant de la gauche qui est de calibre .38 Special (plus courte). En ce qui concerne les ogives, on distinguera, de la gauche vers la droite, une tronconique (truncated), une pointe creuse (hollow point), une chemisée à pointe plate (full metal jacketted, flat nose), une pointe " molle " (soft point) et une pointe creuse "molle " (soft hollow point).

Ci-dessous, on trouve des cartouches destinées à être tirées dans des armes longues à répétition, automatiques ou semi automatiques (fusils, fusils d'assaut).

 

Image_Cartouche_07

 

On trouve, de gauche à droite, une cartouche de 7,62 mm x 51 (.308), une cartouche de 5,56 mm x 45 (.223 Remington). Ces deux premières cartouches sont des calibres OTAN (NATO). La dernière cartouche, à droite, est tirée par l'arme russe AK 74, autrement dit Automat Kalachnikov modèle 1974,(ancien pacte de Varsovie). Il s'agit du calibre 5,45 mm x 39.
Dans la définition de ces calibres, le premier chiffre représente le diamètre de l'ogive, le second la longueur de l'étui.

 

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Jean-Jacques DORRZAPF
Expert en balistique
Expert près la Cour Pénale Internationale
SOCIÉTÉ EUROPÉENNE DE BALISTIQUE LÉSIONNELLE EUROBALLISTICS