SOCIÉTÉ EUROPÉENNE
de BALISTIQUE LÉSIONNELLE

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

EUROPEAN SOCIETY
for WOUND BALLISTICS

 

 

HISTORIQUE DE LA BALISTIQUE LESIONNELLE.

_____________________________________
Nous continuons notre périple à travers les théories des lésions projectilaires.
_____________________________________

THEORIE DE LA " CAVITATION ".

WOODRUFF 1889.

Pour WOODRUFF, l'interaction de la balle et d'un milieu visco-élastique consiste principalement à ce que la balle repousse plus ou moins violemment les particules du matériau qu'elle rencontre. Il se crée, de ce fait, une cavité dont le projectile occupe une extrémité. De part l'élasticité du milieu, cette cavité se referme à l'arrière du projectile et, selon la violence du retour des particules, un phénomène de rebond peut se produire générant une nouvelle cavité de plus faible amplitude compte tenu des amortissements. Plusieurs cavités pulsatiles pourraient se produire à l'arrière du projectile.
_____________________________________

LES EFFETS DESTRUCTEURS DES PETITS PROJECTILES.

HORSLEY 1894.

HORSLEY n'a pas réellement théorisé sur les effets des projectiles dans l'organisme. Il a su cependant présenter, de manière relativement simple, les effets des projectiles dans l'organisme en s'appuyant sur des lois de la physique.

Il constate :
- L'importance de la quantité de mouvement.
- L'influence de la section efficace, de la déformation et de la vitesse linéaire du projectile.
- L'effet quasi nul de l'échauffement et de la vitesse angulaire de la balle.
- Les origines de certains phénomènes pathologiques observés au niveau du cerveau.

_____________________________________

THEORIE DU DOUBLE EFFET DES PROJECTILES
DANS L'ORGANISME.

HARVEY 1946.

HARVEY met en place une terminologie, encore utilisée de nos jours, qui permet de décrire les principales parties d'un profil lésionnel. A savoir :

- La cavité permanente.
- La cavité temporaire.

Il considère le rôle de l'onde de choc comme négligeable (pression très élevée pendant un temps très bref). Encore faut-il que cette onde de choc, au sens physique du terme, existe réellement...

_____________________________________

Ces théories s'appuient désormais de plus en plus naturellement sur les lois de la physique, la mécanique en l'occurrence, et cette démarche intellectuelle ne fera que s'afirmer. Soit le médecin qui observe les plaies possède lui-même de solides connaissances dans le domaine des sciences physiques, soit il n'hésite pas à demander conseil à un physicien. La voie est ouverte à la multidisciplinarité.

Le chemin de la connaissance en balistique lésionnelle semble bien tracé et relativement sûr entre les piliers de la rigueur scientifique. Les erreurs et mauvaises interprétations d'antan paraissent bien loin.

Il faut, cependant, toujours demeurer prudent car, comme on va le voir ci-dessous, les risques de trébucher sont toujours présents. Des conclusions erronées semblant surgir des siècles passés peuvent apparaître de nouveau et être à l'origine d'actes thérapeutiques inappropriés.

_____________________________________
THEORIE DE LA HAUTE VITESSE
ET DE L'ONDE DE CHOC.

Cette théorie n'a pas été énoncée par un chercheur mais a eu ces partisans... et en a encore. Elle n'est fondée sur aucune base scientifique mais plutôt sur une action médiatique et sur des observation de lésions occasionnées, lors de tirs à des distances relativement courtes, par des petits projectiles à haute vitesse. Ces lésions, certes importantes, sont dues à des phénomènes mécaniques tout à fait diférents de cette pseudo onde de choc.

Cette théorie de l'onde de choc a eu une action extrêmement néfaste au plan thérapeutique. Les chirurgiens formés selon cette thèorie se préoccupaient plus des responsables de la lésion (l'arme et le projectile) que de la lésion elle-même. Il n'est qu'à lire la préconisation thérapeutique reprise in extenso ci-dessous :

« Quoiqu’il ne soit pas évident que l’effet de la cavitation aboutisse à quelque chose de définitif, il n’en demeure pas moins qu’il y a eu atteinte tissulaire importante bien au-delà de ce qui se voit à l’œil nu. Aussi faut-il suivre les principes du parage radical, le chirurgien devra être bien plus incisif en ce qui concerne l’excision tissulaire en la pratiquant souvent de façon empirique et plus large que ne l’exigerait normalement le bon sens clinique. »
Gill 1978

On aboutissait ainsi à des actes chirurgicaux plus invalidants que l'action du projectile lui-même. Cette attitude a été dénoncée par Lindsey dans un célèbre éditorial du Journal of Trauma paru en 1980 intitulé "The idolatry of velocity, or lies, damn lies and ballistics" (Le mythe de la vitesse ou mensonges, foutus mensonges et la [science de la] balistique).

Heureusement la raison a repris le dessus et une nouvelle génération de chirurgiens préfère aujourd'hui traiter la lésion sans se préoccuper de ce qui l'a créée.

_____________________________________
LE PRESENT... ET L'AVENIR.

De nos jours, la balistique lésionnelle est typiquement une science expérimentale qui utilise tout les moyens scientifiques pouvant être mis à sa disposition (radiographie X, IRM, imagerie haute vitesse, instrumentation des cibles par capteurs divers...). Elle fait appel à différentes disciplines scientifiques et intéresse d'ailleurs divers spécialistes (médecins, experts en balistique, techniciens des matériaux...).

Même si l'on peut espérer que la simulation informatique apportera de plus en plus d'aide dans l'avenir, la tâche est actuellement ardue. Il semble, en effet, bien difficile d'imaginer, à court terme, un système informatisé capable de simuler fidèlement l'interaction entre un projectile quelconque et un système aussi inhomogène qu'un organisme constitué de tissus aussi variés.

_____________________________________
- Page 4 -

 

__________________________________________________________________________________
Page précédente Accueil Première page