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LES PROTECTIONS BALISTIQUES

J.J. Dorrzapf

 

I – 1 – 2 – Le polyéthylène concurrent du polyaramide

On fabrique également des fibres de haute résistance à partir d’une chaîne étendue de polyéthylène (ECPE). "Spectra® " est le nom commercial des ces fibres fabriquées par la société "Allied-Signal". "Dyneema®" est le nom commercial du matériau fabriqué par la société DSM Dyneema. Le point fort de ces fibres est leur grande résistance mécanique en général, aux impacts et au poinçonnage en particulier. Leur légèreté, leur bonne tenue contre les moisissures, les produits chimiques, leur caractère hydrophobe sont des atouts supplémentaires.
Pour fabriquer ces fibres, on dissout les longues molécules de polyéthylène dans un solvant. Après chauffage, la solution est poussée au travers de buses. Les particularités chimiques de la molécule de polyéthylène donnent aux fibres une résistance mécanique supérieure à celle des fibres de polyaramide. A poids égal, elles présentent une résistance mécanique dix fois supérieure à celle de l’acier.
La première apparition de ces fibres se situe, au plan commercial, aux environ de 1985 pour remplacer l’acier dans la confection des câbles et cordages.
Les fibres peuvent être tissées pour la réalisation de protection balistique, mais également non tissées pour être utilisées, en plus, dans d’autres applications. Dans ce dernier cas, elles sont alignées les unes contre les autres puis encollées avec une résine flexible. On obtient ainsi une feuille faite d’un seul pli qui porte le nom commercial de « Spectra Shield ». Deux feuilles de « Spectra Shield » sont superposées et collées de telle façon que leurs fibres se croisent avec un angle de 90 degrés. La feuille résultant de la réunion de ces deux plis est enduite de chaque côté d’une protection anti-abrasion.
Les nombreuses qualités reconnues au « Spectra » et « Spectra Shield » firent que ce produit connut un grand engouement dans la fabrication des protections balistiques (gilets et casques). Cependant, sa faible résistance à la température (température de fusion 150 degrés C) et la légère perte de son pouvoir d’arrêt dès 70 degrés C (température pouvant être atteinte et mesurée par nous-même, en été, par un casque ou un gilet pare balle laissés, pour des raisons opérationnelles, dans un véhicule exposé au soleil) font que les fibres de polyaramide reviennent au goût du jour. On peut noter également l’existence de solutions hybrides (mélanges de plis de polyaramide et de polyéthylène) pour la fabrication des packs balistiques.

I – 1 – 2 – Le " Zylon " : une étoile éphémère

" Zylon " est le nom d'une fibre de para-phénylène-benzobisoxazole (P.B.O.). Elle présente un rapport résistance/poids supérieur au polyaramide voire au polyéthylène. Elles est fabriquée par la société japonaise Toyobo. Bien que ce matériau soit connu et utilisé depuis plus de vingt ans dans le monde industriel. L'idée de l'utiliser dans la fabrication des gilets pare balles sembla réellement intéressante ces dernières années. La société Toyobo installa un bureau en Europe (Hambourg) où elle tenta de la commercialiser. Les Etats-Unis raflèrent les stocks et on ne put s'en procurer qu'au compte gouttes pour réaliser des tests sur notre continent.
Des problèmes de perforation de protections balistiques, qui coûtèrent la vie à leurs porteurs, apparurent rapidement. Semblant démontrer la mauvaise tenue de la fibre dans le temps, ces accidents abrégèrent brutalement la carrière prometteuse de cette belle fibre de couleur dorée. Les japonais fermèrent leur bureau de Hambourg.

 


II – Les protections rigides

Comme on vient de le voir, les protections souples sont principalement destinées à arrêter les projectiles d'armes de poing.
Si l'on souhaite des protections contre les armes longues (fusils, carabines), tirant des projectiles nettement plus puissants, on est obligé d'utiliser des protections rigides en renfort des souples. Cela se matérialise par l'ajout de plaques par-dessus les packs souples, selon les régions anatomiques que l'on souhaite protéger.
Le rôle d'une protection rigide est d'abîmer suffisamment le projectile pour qu'il perde sa capacité de perforation.

II – 1 – Matériaux utilisés

Ils sont de divers types. Le niveau de protection désiré guidera le choix du matériau.

Pour les balles ordinaires (noyau plomb et chemisage laiton) de type 7,62 Nato ou 5,56 mm (.223 Remington), on utilise généralement des plaques réalisées à partir des fibres dont on a parlé plus haut. Dans ce cas, les plis de polyaramide ou de polyéthylène ne sont pas cousus entre eux, mais enduits d'une résine puis empilés. L'ensemble est simultannément fortement pressé et chauffé. A l'issue de l'opération une plaque rigide est obtenue.

L'arrêt des balles perforantes (chemisage acier ou partie avant du projectile en acier ou plus généralement chemisage laiton et noyau acier) nécessite des matériaux plus durs. Le titane, métal très dur et léger a longtemps été utilisé.
De nos jours, c'est la céramique qui est le plus souvent utilisée. Son poids, principal inconvénient, la destine à des protections lourdes dédiées à des opérations ponctuelles. Certains types de céramiques présentent une densité plus faible pour les mêmes performances balistiques mais sont d'un prix très élevé.

 


III - Le gilet pare balles en pratique

Lorsque l'on a pour mission de réaliser une protection balistique individuelle, on se trouve continuellement contraint à un compromis : maximum de protection – maximum d'ergonomie, deux notions parfaitement contradictoire. En effet, le concepteur de protections balistiques souhaitera protéger toujours plus son porteur tout en lui laissant le plus possible de liberté de mouvement et de mobilité afin qu'il puisse accomplir le mieux possible sa mission.
Un équipement protégeant toutes les parties du corps de tous les projectiles d'armes de poing et de fusil serait tout bonnement importable.

 

III – 1 - Le compromis " protection - ergonomie " ou un choix difficile

Lorsque l'on souhaite réaliser une protection balistique, on se trouve rapidement devant deux évidences. D'une part, on ne pourra pas réaliser un gilet pare balles utile capable d'arrêter tous les projectiles d'armes de poing et de fusil existants dans le monde.
D'autre part, il sera impossible de protéger toutes les régions du corps. Donc deux choix très importants s'imposent : contre quels projectiles doit on protéger son porteur et quelles régions corporelles doit-on préserver ?

 

III – 2 - Le choix du niveau balistique

A cet égard, la nature des missions du porteur de la protection permet déjà une discrimination entre armes de poing et armes longues. Le port sera-t-il continu, le gilet devra-t-il être discret, sera-t-il utilisé ponctuellement face à des agressions bien caractérisées ? Ces questions sont absolument déterminantes.
Le choix final résultera d'une étude statistique des armes et munitions auxquelles le porteur aura le plus de risque d'être confronté.
Si l'on n'est pas commerçant mais expérimentateur, on arrive à la conclusion abrupte, mais réaliste, qu'un gilet pare balles n'arrête rien, sauf les projectiles pour lesquels il a été conçu et ceux d'un niveau balistique inférieur à ces derniers.

 

III – 3 – Le choix des régions anatomiques à protéger

Le constat qu'une protection balistique intégrale serait, avec les matériaux dont nous disposons actuellement, importable entraîne de facto le besoin de faire un choix des régions anatomique à protéger impérativement.
Il s'agit des régions les plus vascularisées et en regard desquelles se trouvent les organes vitaux qui, s'ils sont atteints par un projectile, entraîneront de graves hémorragies. Il s'agit du thorax et de l'abdomen.
Lorsque l'on choisit de protéger ces zones corporelles, on est conscient que le cou, la face, l'haine, le haut de la face interne des cuisses (région de Scarpa) sont des régions à risque compte tenu des gros vaisseaux sanguins qui s'y trouvent. Mais c'est le compromis que l'on doit accepter. Et il est évident qu'à niveau balistique égal, un gilet de protection "discret" protègera moins qu'un gilet à port apparent (muni en plus d'une protection pelvienne) de par leur différence de surface de protection.

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