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LES PROTECTIONS BALISTIQUES

J.J. Dorrzapf

 

IV – Le traumatisme arrière ou " effet arrière "

Cette notion est devenue très importante avec l'utilisation des gilets pare balles souples. Lors de l'impact du projectile, le gilet, de par sa souplesse, se déforme vers l'arrière à endroit où la balle l'atteint. Cette déformation est d'ailleurs indispensable pour que les fibres du tissu balistique soient sollicitées en mode de traction. Il y a formation d'un cône dynamique d'enfoncement dont l'imagerie haute vitesse montre qu'il est plus proportionnel à la quantité de mouvement du projectile qu'à son énergie cinétique. On peut cependant parler en terme d'énergie cinétique et considérer qu'elle n'est par entièrement absorbée par la protection balistique, mais transmise en arrière du gilet, c'est-à-dire au porteur. Ce phénomène peut être à l'origine de traumatismes internes identiques à ce que l'on peut observer expérimentalement avec des chocs contondants (absence de perforation).
Dans le but de le minimiser cet effet, on place en arrière de la protection balistique (entre celle-ci et le corps du porteur) un matériau chargé de diffuser et d'absorber tout ou partie de cette énergie transmise.
Cet " effet arrière " fait l'objet d'études (nous en menons nous-même) dans le but de le caractériser. Des voies diverses sont suivies afin d'en comprendre les causes : contusions dues au choc direct, surpressions dues à un effet mécanique observées dans certaines régions pulmonaires et à distance de l'impact lors d'une atteinte thoracique, phénomènes de propagation d'ondes de pression avec possible phénomènes d'interférences. Certaines de ces causes ont été objectivées expérimentalement, d'autres doivent encore être définitivement démontrées.

 


V - Les casques balistiques

Pour terminer ce rapide exposé sur les protections balistiques, on survolera le sujet des casques balistiques.
Contrairement aux idées communément admises, y compris par les utilisateurs, les casques pare balles sont très récents.
Certains lèveront les sourcils en disant : " les casques balistiques existent depuis belle lurette ". Oui, mais…C'était des casques pare éclats destinés à arrêter l'éclat standard (Stanag 2920) d'un poids de 1, 101 g à une vitesse de 600 m/s.
Rien d'anormal à cela puisque ces casques étaient destinés aux armées et que les statistiques actuelles annoncent, pour le champ de bataille, 96 % de blessures par éclats et 4 % par balles.
Moralité : avant d'enfiler une protection balistique quelle qu'elle soit, vérifier ce qu'elle peut arrêter. C'est normalement écrit dessus. Faute de cette indication… méfiance.
Donc, récemment ont été conçus des casques réellement pare balles, surtout d'armes de poing, car le problème du poids est particulièrement présent pour cet accessoire.
Le problème d' " effet arrière " est tout aussi important car, comme chacun le sait, le crâne est difficilement déformable.

 


VI – Les normes balistiques

La fabrication et les tests de ces matériels suivent des normes bien précises qui peuvent éventuellement varier selon les pays, les menaces étant parfois différentes. Elles ne prennent pas en compte tous les projectiles, mais seulement les plus courants. Les énumérer serait fastidieux.
Les normes les plus connues des spécialistes sont celles établies par l'organisme américain "National Institute of Justice". L'Europe élabore les siennes.
Cependant, rien n'empêche les grands acheteurs : ministère de la défense, de l'intérieur, etc. de définir des cahiers des charges imposant des niveaux balistiques spécifiques établis selon les besoins des missions.

 

Conclusion

Le domaine des protections balistique est vaste et complexe. Il est illusoire de vouloir le circonscrire en quelques pages. Nous espérons, cependant avoir éveillé votre curiosité .

Le compromis entre le niveau de protection et l'ergonomie d'un gilet pare balles démythifie la protection balistique. Elle apparaît souvent, chez le profane, comme un bouclier universel capable de protéger son porteur contre n'importe quel projectile ; son porteur était, dans l'esprit du non-initié, invincible. On peut avancer une analogie avec le monde de l'automobile : la ceinture de sécurité sauve régulièrement des vies, à condition qu'elle soit sollicitée dans les limites pour lesquelles elle a été étudiée.
Il en est de même d'une protection balistique qui possède ses propres limites. C'est le message le plus important à transmettre.

La recherche dans le domaine de la protection balistique continue. Elle promet des protections plus efficaces et plus légères. De leur côté, les munitions évoluent également. La lutte entre l'armure et l'épée étant loin d'être terminée, les techniques propres à la protection de l'Homme ont encore de beaux jours devant elles.

 

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